mardi 20 mars 2012

Le Mas d'Azil, nouvelles découvertes

Lors de travaux d'aménagements nécessaires sur le site du Mas, une équipe de l'INRAP a mis au jour du matériel archéologique encore en place, plaqué sur une  paroi. Près de 8 mètres de stratigraphie inédite dans cette zone de la grotte éclairent nos connaissances sur l'occupation humaine au cours du dernier épisode glaciaire. 
La grotte est depuis le milieu du dix neuvième siècle le théâtre de nombreuses recherches archéologiques. Malheureusement le terrassement de la route a en grande partie détruit les gisements de la rive droite. La culture Azilienne a tout de même été mise en évidence, sur la rive gauche, mais c'est surtout la qualité et la quantité de restes magdaléniens retrouvés sur les deux rives qui font aujourd'hui la renommée de la grotte.
Il y a 35 000 ans, de nouveaux groupes de chasseurs-cuielleurs parcourent les vastes plaines giboyeuses de l'Europe de l'ouest. On appelle ces premiers européens modernes les Aurignaciens. Première culture humaine antédiluvienne reconnue et mise en évidence à quelques dizaines de kilomètres d'ici, à Aurignac.  
Parcourant les contreforts de la montagne en quête de nouveaux territoires, ces groupes de chasseurs ont découvert la gigantesque caverne. Profitant des conditions favorables ils y ont installé leurs camps sur les terrasses sableuses de la rive droite de l'Arize.  Des restes d'os cassés et brûlés, des outils en silex et la présence de charbons de bois montrent une occupation fréquente et jusqu'alors insoupçonnée.

Des morceaux d'ambre façonnés rattachent bien sûr le Mas d'Azil avec d'autres grands sites aurignaciens, comme la grotte d'Isturitz ou le vallon de Castel Merle. Les analyses sont en cours et j'attends avec impatience des nouvelles des  contemporains de la grotte Chauvet, des flûtes en os d'oiseau ou de l'homme lion du Jura Souabe. 

Mais ces témoins stratigraphiques endormis réservaient encore bien des surprises...  
Une épaisse couche de terre et de roches recouvre ces niveaux aurignaciens.


La grotte a donc été partiellement comblée et noyée par les eaux, suite à des crues chargées de débris. Pendant plusieurs millénaires, les crues successives n'ont eu de cesse de recouvrir les anciennes plages.
La planète traverse alors une phase climatique intense. Dans un dernier coup de force, il y a 25000, les glaciers des pôles s'épaississent, pompant les eaux des océans et balayant ces terres de leur souffle glacé. Les glaciers pyrénéens redoublent aussi de puissance, repoussant les hommes, loin de ces terres...

(à suivre)

Voir le reportage vidéo:
http://www.ariegenews.com/news-44894.html

1 commentaire:

  1. Salut Flo! Entre le Mas d'Azil aurignacien et le décryptage du génome de la hyène des cavernes, l'Ariège est vraiment au coeur de l'actu des découvertes cette année!! Un lien vers le CEA, sais pas si t'étais au courant car moi je suis tombée au hasard sur un article publié dans Le Parisien!! BIZZ

    http://www.cea.fr/recherche_fondamentale/des_coprolithes_comme_source_d_informations-80615

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